04 août 2008
PANDORA, de Pieter Aspe
Le commissaire Van In s’ennuie un peu dans son commissariat, ce n’est pas que Guido Versavel et lui se tournent les pouces mais les tâches administratives ne sont pas exactement la tasse de thé de Van In - ou plutôt son verre de Duvel. Seulement voilà, un commissaire et son inspecteur ne peuvent quand même pas passer leurs journées dans leur estaminet préféré, même si la réputation de Van In n’en est plus à cela près.
Comme ça, par pur désoeuvrement, il va décider de clôturer un dossier qui dort depuis vingt ans et qui sera bientôt considéré comme terminé puisque le ou les coupables n’ont jamais été trouvé(s) dans ce qui fut nommé « Les meurtres au tarot », une carte du tarot ayant été trouvée à chaque fois à côté des cadavres.
Ils étaient trois à s’être fait tuer de trois balles : l’une dans le front, deux dans la poitrine ; un ecclésiastique, un colonel et un conseiller communal.
Van In demande donc une autorisation à poursuivre et terminer une enquête vieille de 20 ans et ce, au grand déplaisir de son chef direct, le commissaire principal De Kee, qui espère toujours le faux-pas qui lui permettra de faire renvoyer Pieter Van In des forces de polices. Et puis, De Kee a des raisons personnelles de ne pas souhaiter la réouverture du dossier.
Autorisation reçue, Van In se met à la recherche du policier qui mena l’enquête du tueur au tarot ; le vieil inspecteur à la retraite n’est que trop content de donner des détails sur une enquête qu’on a, selon lui, étouffée.
Van In et Versavel commencent à remuer Bruges afin de retrouver d’anciens témoins ou membres des familles concernées. C’est alors que le premier meurtre se produit, même méthode de tuer, même carte de tarot à côté du cadavre.
Un tueur qui copie simplement ou l’assassin d’il y a vingt ans qui se réveille afin d’effacer de possibles traces menant à lui ?
La tâche sera ardue pour Van In, d’autant plus que vient d’être transférer dans son service l’inspecteur Marc Decoussemaecker, qui n’est ni plus ni moins qu’un espion à la solde du commissaire principal, qui espère ainsi que cette « taupe » lui fournira enfin des preuves pouvant limoger Van In malgré ses brillants états de service. Selon le commissaire principal on pardonne trop à Van In en raison de ses excellentes performances professionnelles.
Mais cette nouvelle recrue au sein de l'équipe tire aussi un lourd secret comme un boulet et les conséquens de ce transfert pèseront lourd elles aussi.
La trace va devenir sanglante, deux autres cadavres vont suivre et cette fois, le commissaire risque bien d’y laisser des plumes, malgré l’aide de sa compagne et de son copain, l’inspecteur Versavel.
Celui-ci est très anxieux en cours de cette enquête car il craint les résultats d’un test de sida après un rapport non protégé. Guido Versavel est convaincu que cette fois, ses jours lui sont comptés. Déjà qu’il est dur d’être homosexuel au sein de la police brugeoise où les ricanements ne lui sont pas épargnés !
Heureusement que les jours où ça va mal avec Hannelore, il reste toujours à Van In son copain le légiste polonais, au nom imprononçable simplifié en « Zlot », grand buveur (hé oui, comme un Polonais !), dont les éclats de rire font vibrer les murs de leur « stamcafé L’Estaminet ». Ensemble ils éclusent les Duvel comme vous et moi buvons de l’eau.
Lorsqu’il sera sur le point d’arrêter le coupable avec l’aide de sa jeune assistante, l’inspectrice Carine Neels, ce dernier est prêt à tout et surtout à exécuter tous les otages. N’ayant plus rien à perdre, pourquoi ne pas en tuer quelques autres au passage …
Ceux qui ne le connaissent pas, s’ils apprécient l’inspecteur Rebus de Ian Rankin, vont vraiment adorer le commissaire Pieter Van In de la police judiciaire de Bruges.
En tout cas, moi je le trouve irrésistible ; il a un sens de l’humour noir et caustique que je n’échangerais pour rien au monde.
Il est totalement irrévérencieux, la hiérarchie il n’en a strictement rien à cirer – lui il vous dirait cela autrement, mais je reste quand même une dame (qui ricane ?) – ne parlons pas de son caractère, il doit être difficile de trouver de plus mauvaise foi que lui ; il décide qu’il a toujours raison, même et surtout quand il a tort. Il a un vocabulaire de charretier quand il est en colère, ce que n’apprécie que modérément, Versavel son assistant.
Il adore sa compagne, la superbe Hannelore Martens, substitut du procureur – cerveau d’Einstein et physique de déesse – et leurs deux enfants.
Martens et lui, c’est vraiment l’alliance de l’huile et du feu, ils passent leur temps à se chamailler et à se réconcilier à travers toutes leurs enquêtes.
Son petit déjeuner préféré consiste en un demi-paquet de cigarettes, un café très fort et si possible une Duvel bien fraîche.
Son meilleur ami est son assistant, Guido Versavel, inspecteur toujours tiré à quatre épingles, d’une politesse à toute épreuve, que les mauvaises manières de son supérieur mettent parfois dans de bien difficiles situations ; Versavel tente bien souvent de couvrir son chef mais sa tâche est particulièrement ardue vu que Van In a la délicatesse d’un éléphant entouré de cristal. (J’aime pas la porcelaine !).
Le tout premier polar de la série « Het Vierkant van het Wraak » vient enfin de paraître en français sous le titre « Le Carré de la Vengeance » et j’encourage tout le monde qui aime les polars bien ficelés et les types dans le style de John Rebus à se précipiter dans leur librairie ou leur bibliothèque la plus proche.
Ils découvriront ainsi le côté de ma jolie ville de Bruges que les touristes ne connaîtront jamais (là encore, référence à Rankin et son Edimbourg cachée).
Mais je dois les prévenir : une fois ouvert, un polar de Pieter Aspe (voir la rubrique "Du côte des auteurs")est quasi impossible à refermer avant la fin.
18 février 2008
BLAUW BLOED, de Pieter Aspe
Hannelore Martens, juge d’instruction, aussi intelligente que jolie, compagne du commissaire Pieter Van In, va faire quelque chose de pas très intelligent en ce soir d’automne venteux et pluvieux. Elle a accepté un rendez-vous avec son premier amour, un certain Valentin Heydens ; l’homme dit vouloir lui parler du bon vieux temps et, vu que son couple bat un peu de l’aile, la jolie juge est toute prête à retomber dans les bras de ce bellâtre.
Qui commence d’abord par lui parler des lettres de menaces reçues par son père, dont il craint pour la vie. A juste titre apparemment, parce que pendant qu’il évoque leurs amours passées, le lecteur découvre le père Heydens ficelé et bailloné dans un lieu sombre, et il sait que ses jours sont comptés.
Rentrée à la maison dans un état plutôt éméché, elle y est accueillie par son compagnon le commissaire, qui n’a pas que d’aimables paroles à l’égard de la mère de ses enfants. Et là-dessus arrive un appel du commissariat : on a retrouve Martin Heydens pendu. La conclusion du suicide semble s’imposer tout d’abord, mais Van In a des doutes, d’autant plus qu’Hannelore lui a parlé de Valentin et des lettres de menaces.
Dans les hautes sphères, on voit d’un très mauvais œil que Pieter Van In et son adjoint Guido Versavel enquêtent sur cette affaire, d’autant plus que le « suicidé » était un membre de la loge maçonnique brugeoise. Le patron de la juge Martens décide d’ailleurs de retirer l’affaire à Van In. C’est mal connaître ce dernier, lui ce qu’on lui défend aurait plutôt tendance à l’exciter, aussi malgré les injonctions à la prudence de son adjoint, il va se mêler d’une affaire réellement bizarre qui ressemble presque à une tragédie grecque dans le style d’Œdipe et ses enfants.
Une autre mort se produit très rapidement et là, le crime ne fait aucun doute ; l’homme qui souffrait du cœur a été étouffé sous les volumes les plus épais de sa bibliothèque ; ça doit être ça « le poids de la culture » !
Bien que son supérieur le somme de lâcher l’affaire, il l’a d’ailleurs confiée à un gars qui espère bien être nommé commissaire en chef à la place de Van In (vous avez remarqué : dans la vie il y a toujours quelqu’un qui veut être chef à la place du chef !).
Van In réalise que son adjoint et meilleur ami commence à lui battre froid, ce qu’il ne comprend guère, Versavel sait bien qu’il n’est pas exactement un homme plein de tact mais qu’il l’apprécie. Ce qu’il ignore c’est que le compagnon de Guido aimerait que ce dernier monte en grade, et avec un gars comme Van In en guise de supérieur, l’image de marque est un peu abîmée.
Le commissaire et son adjoint interroge l’ex-maîtresse du premier mort, qui s’avère être l’épouse divorcée du second mort et qui est toujours l’épouse du notaire le plus connu de Bruges, qui a ses entrées à la cour de Belgique, et qui est probablement la prochaine victime. Pour Van In, son suspect préféré reste Valentin, mais peut être ne raisonne t il pas très objectivement même si finalement Hannelore et lui se sont réconciliés et qu’il la croit (presque) lorsqu’elle confirme qu’elle n’a pas été infidèle de fait.
Le policier et son meilelur ami vont découvrir que l’une des demi-sœurs de Valentin Heydens se livre à un trafic de clandestins, qu’elle est totalement siphonnée, mais dans cette famille qui n’est finalement pas un peu fêlé ? Les choses vont s’accélérer lorsque la juge d’instruction est enlevée, là Van In n’en a plus rien à faire de ce que sa hiérarchie lui dit, de ce que le notaire bien vu à la cour lui dit et d’ailleurs, il va aller jusqu’à Laeken pour éclaircir toute cette histoire. Mais surtout retrouver Hannelore en vie.
A présent que je connais mieux les polars de Ian Rankin, Peter Robinson et Henning Mankell, il m’est difficile de ne pas comparer le commissaire Pieter Van In de la police brugeoise à John Rebus dont il a le je m’en foutisme à l’égard de toute hiérarchie, à Alan Banks dont il a le côté un peu émouvant à vouloir garder son couple sans que les efforts viennent nécessairement de lui ou à Kurt Wallander dont il a le problème pondéral, à qui il peut se comparer au niveau de la levée de coude car le nombre de bières ingurgité par le commissaire Van In en cours d’enquête laisse rêveur !
Tout comme l’Edimbourg de Rankin n’a rien de comparable avec l’Edimbourg des touristes, la jolie cité de Bruges telle que la voient Van In et son adjoint Versavel n’a pas grand-chose en commun avec celle des touristes. Derrière les jolies façades d’époque médiévale ou Renaissance, de sombres secrets s’y cachent, de noirs complots s’y trament.
Les enquêtes de Van In et Versavel les entraînent dans des lieux où les gens du peuple parlent encore le vieux patois brugeois, ne sont guère heureux de voir que la ville évolue avec la tendance du marché et où les problèmes sociaux n’intéressent plus guère les autorités. Quant à la police, elle est désormais confrontée au politiquement correct, ce qui pose parfois problème au niveau du langage vis-à-vis des suspects ; quant aux petites jalousies entre collègues elles n’ont rien à envier à ce qui se passe dans d’autres domaines. La politique du copinage, caresser le chef dans le sens du poil, sont deux excellentes méthodes d’avancement en n’oubliant pas bien sûr de piétiner les collègues de travail.
De plus, Guido Versavel, homosexuel « sorti du placard », est confronté à quelques attitudes franchement sexistes et homophobes. Peu de tolérance parmi les « mucho machos » en uniforme.
Je n’ai pas été totalement convaincue par l’intrigue de « Blauw Bloed », les problèmes personnels du commissaire étant fortement mêlés à l’enquête policière. Ce qui est évident c’est que tout le monde aimerait étouffer cette affaire mais pour le commissaire, c’est chose impossible. Il y a eu mort d’hommes, et que la cour de Belgique y soit mêlée ou non n’y fait pas grand-chose, il est lancé sur ses pistes comme un chien d’arrêt.
La fin du roman est palpitante car on craint vraiment pour la vie de la compagne du policier. Mais elle n’est pas non plus sans être amusante, surtout lorsque finalement le roi s’en mêle à son corps défendant. Bref on tourne beaucoup autour du pot (de bière Duvel) avant d’arriver au noyau de l’affaire.
Mais ça se passe à Bruges et ça, pour moi, ça vaut le déplacement.
03 juillet 2007
ZOEN OFFER, de Pieter Aspe
Un jeune homosexuel est retrouvé battu et laissé pour mort dans le lieu de rencontres nocturnes du Lac d’Amour à Bruges. Le lendemain, il est achevé d’une balle dans la tête dans sa chambre d’hôpital.
Lorsqu’il s’avère que le jeune homme était agent de sécurité pour les musées de la ville, le commissaire Pieter Van In et son adjoint, Guido Versavel, pensent que cette affaire va plus loin qu’une simple agression à caractère homophobe, ce qui provoque presque une crise d’apoplexie chez leur commissaire en chef qui ne veut y voir qu’une simple affaire de moeurs.
Pourtant, on a retrouvé dans le bagage de la bicyclette du mort des plans concernant tout le service de sécurité de tous les musées brugeois, avec en plus des codes d’accès. Or sous peu, Bruges deviendra le point de mire du monde entier, grâce à la prestigieuse exposition d’oeuvres espagnoles parmi lesquelles le plus que célèbre Guernica de Picasso.
Petit à petit les enquêteurs vont découvrir des indices qui leur laissent à penser que l’organisation ETA pourrait bien être impliquée dans l’affaire et fomenter un attentat lors de l’inauguration où l’on attend le premier ministre espagnol et sa famille. Entretemps, "Le Jugement Dernier" une oeuvre de Hyeronimus Bosch, est volée, un inconnu de nationalité espagnole est assassiné également, ce qui tend à confirmer les soupçons du commissaire.
Le temps presse donc pour découvrir toutes les personnes impliquées dans l’affaire et éviter un bain de sang.
On retrouve avec plaisir, dans cette 8ème aventure, les protagonistes récurrents des enquêtes policières dans la ville de Bruges, à savoir le commissaire Van In, son adjoint et ami Versavel et sa superbe compagne, l’ex-substitut Hannelore Martens, devenue entretemps juge d’instruction ; ils sont d’ailleurs les heureux parents de jumeaux.
A l’équipe du début se sont ajoutés deux nouveaux collaborateurs, dont une jeune femme plutôt arriviste et un jeune policier, qui espèrent bien tous deux gagner du galon rapidement.
Par petites touches discrètes mais bien présentes, Pieter Aspe dénonce les mesquineries entre collègues, les tracasseries administratives entre les différents services de la ville de Bruges, les petits problèmes quotidiens du couple principal, la difficulté que rencontre l’adjoint du commissaire en tant qu’homosexuel parmi la brigade.
Le commissaire Van In a lui aussi quelques problèmes pondéraux auxquels il ne semble pas près à remédier, la bière d’abbaye belge ayant véritablement un goût de trop peu à ses papilles ! Même si l’auteur ne fait pas autant dans le social que ses collègues suédois, il est évident qu’il n’hésite pas à mettre l’accent sur les petites luttes d’influences internes au sein de la police et de la magistrature brugeoises.
ONDER VALSE VLAG, de Pieter Aspe
Les Van In-Martens envisagent un agréable déjeuner sur l’herbe pendant un été caniculaire lorsqu’ils sont interrompus par l’annonce d’un véritable carnage dans le quartier élégant de Bruges.
Le directeur d’une entreprise en pleine expansion, s’occupant du recyclage d’ordinateurs, a massacré sa femme et ses deux enfants et s’est ensuite donné la mort par pendaison. Le commissaire Van In, malgré les signes évidents, doute qu’il s’agisse d’un simple drame familial, pour lui le crime ne fait aucun doute, y compris le soi-disant suicide car Wilfried Traen était l’un de ses compagnons de classe à l’athénée et le souvenir qu’il en garde n’est pas celui d’un homme capable de massacrer sa famille.
Peu après, une prostituée de luxe est égorgée sur la terrasse de sa superbe résidence à Blankenberghe, petite ville côtière belge. Comme cette jeune femme avait contacté Madame la juge d’instruction, Hannelore Martens, à propos de l’industriel en question, Pieter Van In parvient à convaincre son collègue et ami, Guido Versavel, qu’il faut réellement mener une enquête sur l’industriel et sa famille. De plus semble également mêlé à cette affaire un riche homme d’affaires américain vivant à Bruges depuis quelque temps.
Parmi les suspects figure un ex-employé de la société renvoyé pour vol et ayant sombré dans l’alcoolisme ; l’homme est convaincu d’avoir assassiné Traen et sa famille dans une crise d’éthylisme.
L’affaire se complique car dans le carnet d’adresses de la call-girl assassinée se trouve le nom d’un ministre très en vue, ce qui va mettre Van In dans une situation très difficile, voire compromettre son avenir dans la police. Ce qui a commencé comme un drame familial, semble avoir des ramifications à un échelon bien plus important, impliquant un complot international.
Sur fond de politique et de mondialisation, cette enquête du trio brugeois Van In-Versavel-Martens manque de la pointe d’humour que l’on retrouve dans les autres romans. Le commissaire et sa compagne sont en pleine crise de couple ; une subordonnée de Van In a jeté son dévolu sur lui et n’hésite pas à lui envoyer des signes évidents d’intérêt, suscitant ainsi la jalousie de la juge d’instruction. L’ami et collègue de Van In, l’homosexuel Versavel redoute d’être contaminé par le virus HIV, bref dans la Bruges caniculaire rien ne va plus !
Du coup, Pieter Van In ressent les effets de la "midlife crisis", boit Duvel après Duvel et fume cigarette sur cigarette, malgré les rappels à l’ordre de son médecin... pour un peu, on se croirait chez Wallander !
Pieter Aspe a donné une trop grande importance aux problèmes personnels, ceux-ci interférant sans cesse dans l’intrigue à tel point que cela en devenait très agaçant. L’enquête policière y perd beaucoup d’intérêt, ce qui est fort dommage. Par ailleurs, les touches d’humour sont nettement plus lourdes que dans les romans précédents.
Le seul élément drôle dans cette aventure est le nouveau médecin légiste, un Polonais (au nom imprononçable et impossible à écrire) amateur d’alcool fort et ayant quelques démêlés avec la langue néerlandophone.
Il porte par ailleurs un oeil très candide sur les gens de l’ouest et leurs difficultés existentielles ; avec lui au moins, on s’amuse.
HET VIERKANT VAN DE WRAAK, de Pieter Aspe
Guido Versavel, brigadier de police, est content que sa nuit de patrouille se termine car les problèmes pré-conjugaux de son jeune collègue commence à franchement le saoûler ! Pourtant il n’est pas prêt de retrouver son lit car on leur signale un cambriolage chez Degroof, l’un des bijoutiers les plus courus de Bruges.
Le commissaire-adjoint Pieter Van In est chargé de l’enquête, mais déjà son supérieur lui fait-il comprendre qu’il s’agit de rapidement résoudre cette enquête sans faire de remous. Le père du bijoutier est l’un des hommes les plus en vue de la ville, bref le bras long et une liste d’appuis politiques encore plus longue !
En compagnie de son ami Versavel et de la nouvellement nommée substitut Hannelore Martens (cerveau de génie dans corps de déesse !), Van In - malgré les recommandations de son supérieur - va se mettre à chercher au-delà des apparences car la destruction des bijoux orienterait plutôt l’enquête en direction d’une vengeance personnelle, d’autant plus que sur le bureau du bijoutier est déposé un petit quatrain en latin connu sous le nom de "carré des templiers".
Pour Pieter Van In, il ne fait aucun doute que le père Degroof se doute de qui en veut à sa famille bien qu’il mette des bâtons dans les roues des enquêteurs. Lorsque son petit-fils est enlevé, les exigences du ou des kidnappeurs s’avèrent plus qu’étranges ; le commissaire et ses deux acolytes vont démêler les fils du passé assez sordide de cet homme à la façade respectable se croyant intouchable.
Première d’une série d’enquêtes qui en comptent 17 jusqu’à présent, "Het vierkant van de wraak " (littéralement "le carré de la vengeance") nous fait faire la connaissance des personnages récurents de ces polars sympathiques, vite lus et palpitants. Pieter Van In n’est pas exactement un commissaire dans le style de Wallander ou de Maigret, mais il a aussi son petit embonpoint dû à un penchant pour la bière belge d’abbaye.
La complicité qu’il a avec ses "assistants", le brigadier (écrivain à ses heures perdues) et avec la charmante substitut donne un ton très sympathique à l’ensemble du polar écrit de manière très vivante, au rythme soutenu. Malgré le ton apparemment léger du roman, chaque personnage a ses problèmes, ses difficultés existentielles, ses bonheurs et son humour aussi.
La jolie cité flamande de Bruges partage la vedette dans ces histoires car la description de ses quartiers et de ses habitants la rendent aussi vivante que les personnages humains du roman; son côté le plus sombre y est décrit sans complaisance, un peu comme Ian Rankin nous offre la face noire d'Edimbourg.




